Mardi dernier, c'était la journée des voisins. Pour l'occasion, l'un de nos voisins (dont j'ignorais l'existance jusqu'à présent) a décidé d'organiser une petite réunion. Il a distribué des tracts
dans deux rues perpendiculaires de la ville pour que tous les habitants de ces rues se réunissent à l'angle des rues en question... chacun amenant de quoi festoyer... et ce afin de faire
connaissance. La réunion avait été prévue à 20h. 19h58 : "flic-floc ça mouille, j'entends l'eau qui gargouille, c'est un temps pour les grenouilles". Ca s'annonce mal...
Je décide de sortir mon linge du sèche-linge, de plier ce qui peut être rangé directement... et de poser sur une chaise ce qui demande un coup de fer à repasser... 19h20, mon sèche-linge est vide.
Les gouttes à l'extérieur semblent avoir disparu. Allez, je descends dans la rue... On verra bien s'il y a du monde...
Au coin de la rue, j'entends des voix... Il y a une petite vingtaine de personnes. Un monsieur m'accueille. C'est lui qui a organisé tout ça. On parle finalement un petit peu, les uns avec les
autres. De nouveaux voisins viendront se joindre à nous un peu plus tard.
Le verdict de cette soirée ?
Premier constat : il fait super froid pour un 30 mai ! On se gèle ! Je ne me suis d'ailleurs pas attardée : j'avais trop froid, je suis rentrée la première
chez moi.
Deuxième constat : je suis ici depuis un an et demi, et je n'ai reconnu aucun visage, excepté ceux de certains enfants. C'est étrange, car tous les matins, en
allant à ma voiture et en quittant la ville pour aller au bureau, je croise toujours les mêmes gens qui amènent leurs enfants à l'école. Mais il faut croire qu'ils n'habitent pas dans les deux rues
conviées au repas.
Troisième constat : je ne suis pas du tout surprise par la population du quartier. On a des "Monsieur Du Machin" ou des "Madame De Chose"... Bref, des
bourgeois (à noter que ça n'a rien de péjoratif)... Tous ces gens sont très gentils mais une chose est sûre, je ne suis pas du même monde qu'eux, moi qui me considère comme une bouseuse... Ils ont
tous beaucoup de classe, une façon de parler assez distinguée, pour certains. Et puis une chose est impressionnante : ils ont tous au moins cinq à sept enfants ! Je n'imagine même pas la taille de
l'appartement... ni le loyer !
Quatrième constat : il faudrait faire ce genre de choses plus souvent. Avec les horaires de boulot, on se voit vraiment peu... et ça n'est pas en faisant une
réunion par an qu'on va se connaître.
Cinquième constat : mon gâteau était super bon ! C'était la première fois que je le faisais, mais une chose est sûre : ça n'est pas la dernière !
Sixième constat : les français sont incorrigibles. Si vous aviez vu le nombre de plats... et surtout le nombre de bouteilles... pour aussi peu de monde ! Au
moins, c'était chaleureux !
Septième constat : ... pas de septième constat...
Huitième constat : beaucoup connaissaient déjà la région avant d'habiter ici. Peu, comme moi, ne sont venus que pour y trouver un emploi.
Neuvième constat : allez, plus qu'un et on monte à dix !
Dixième constat : vivement l'an prochain pour qu'on se retrouve tous ensemble. Ces gens sont vraiment très gentils.