Suite de l'
article d'hier...
Bien... La période de cueillette des tulipes en avril a duré une bonne semaine, si ma mémoire est bonne. Vous savez quel temps il fait en avril ? "En avril, ne te découvre pas d'un fil", dit le dicton ! Ca promet ! Personnellement ce n'est pas du froid que j'ai souffert, mais de la pluie... Imaginez... Vous êtes complètement penchés car les tulipes que vous coupez actuellement ont des tiges vraiment petites (10 cm de hauteur tout au plus), et la pluie vous vient dans le dos. Elle s'infiltre sous votre pull, glisse le long de votre dos, puis vous coule sur les reins, sur les jambes. Et finalement, vous faites floc-floc dans vos bottes. Un réel plaisir :) J'avoue que si ça avait été une gentille pluie d'été, j'aurais sûrement plus apprécié... Ce sont des jours comme celui-là qu'on apprécie une bonne douche bien chaude en rentrant...
Et dire que cet effort m'a rapporté à l'époque la modique somme de 1300 Frcs ! Même pas 200€ ! Ah là là ! Beaucoup de souffrance pour pas grand chose, tout de même... Mais quand on veut vraiment gagner de l'argent, on ne recule devant rien.
Les tulipes se sont retrouvées coupées... Le mois d'avril s'est terminé... L'été est arrivé... Les lys avaient poussé... Il fallait les couper... Et j'ai voulu recommencer...
Juillet 2000. Il fait chaud. Très très chaud. Les champs de lys s'étendent à perte de vue. Certains sont fleuris, la majorité ne sont qu'en bouton. Et dire qu'on ne va même pas en profiter...
Les lys, c'est plus sympa que les tulipes. Déjà, c'est plus haut. Et les tiges sont moins épaisses. Ca fait donc moins mal au dos et aux mains. Les cuisses travaillent toujours, mais ça ne peut pas leur faire de mal ^^ !
Deux - trois petites anecdotes concernant les lys.
Certains pieds peuvent avoir pas loin de 80 boutons. Et les pieds sont généralement très rapprochés les uns des autres. Il nous est arrivé de faire du sur-place pendant un quart d'heure, à tenter de couper tous les petits boutons qui étaient nés un peu partout. Un quart d'heure, jambes fléchies, le dos penché, sans bouger autre chose que les poignets, je dois vous avouer quelque chose : c'est un supplice. Mais le plus dur n'est pas de rester dans cette position... c'est de se relever quand tous les boutons qui étaient à portée de main sont coupés. Le dos est coincé, c'est une horreur. Alors on se relève doucement, en espérant qu'un nerf ne va pas rester coincer quelque part.
En juillet il fait chaud. Travailler à 14h en plein été, c'est vraiment très dur. Nous avions toujours des bouteilles d'eau à proximité. C'était indispensable. Ainsi qu'un chapeau, sinon, c'est l'insolation assurée ! Je me souviens d'un après-midi, vers 17h, heure à laquelle le travail se terminait. Nous étions tous en sueur, dégoulinant. Le retour à la ferme se faisait en tracteur, tous ensemble dans la remorque. Pas très confortable, mais dans ces terrains défoncés et assez retirés du village, c'était le seul moyen. Le tracteur passait parfois dans des champs poussiéreux. Et si ce jour-là il y avait du vent, toute la poussière s'envolait et se collait à nos peaux transpirantes, nous transformant en monstres bruns, avec quelques coulures plus claires deci-delà ! Trop chic ! Et alors qu'en avril on prenait plaisir à prendre une bonne douche chaude, en juillet, c'est avec autant de plaisir qu'on prenait une douche, mais plus fraîche, cette fois.
En juillet, les nuits sont tout de même fraîches. Et il n'est pas rare que la température descende au-dessous de 10°C. Cependant, le matin, même à 8h, en plein soleil, on sent qu'il fait chaud, très chaud, même. Alors, la première fois qu'on a dû travailler sous l'arrosage automatique, tout le monde était ravi. Un raffraîchissement pendant la cueillette, notre voeu était exaucé. Sauf que l'eau qui sort des tuyaux est encore à 8°C. La douche froide dès le matin, finalement, personne n'a vraiment apprécié. D'autant que le sol n'absorbait pas tout instantanément. Et en été, personne n'avait de bottes, de vieilles chaussures de sport en toile faisaient très bien l'affaire. La toile... l'eau... Vous imaginez la suite... Floc-floc...
Bref... Tout cela m'a motivé pour me trouver un boulot plus peinard l'été suivant !
Voici des photos des lys. Vous avez de la chance de n'avoir que l'image. Les lys, ça sent très très bon. Mais ça sent aussi très très fort. Trop trop fort ! Ca donne mal à la tête, je vous jure. C'est vraiment entêtant comme odeur. Plaisir des yeux, donc...