Si je vous dit que pour mon petit job d'été en 2001, j'ai été "Assistante commerciale", vous vous dites sûrement : "Wouah ! C'est bien comme job ! Assistante commerciale ! Rien que ça !".
Si je vous dit que j'ai été assistante commerciale "à la poissonnerie du Leclerc", vous vous dites sûrement : "mouais, les poissons, bof-bof".
Alors en fait, qu'ai-je fait en tant qu'assistante commerciale à la poissonnerie du Leclerc ? Eh bien... Vous voyez les bonhommes avec un petit chapeau blanc, un grand tablier en plastique bleu, des bottes et des gants en plastique, qui vous servent le poisson ? Oui ? Vous les voyez ? Eh bien c'est ça assistant commercial dans une poissonnerie ! On vend du poisson...
Tout a commencé en juin 2001. Je cherchais un petit boulot d'été, et j'ai posé une candidature pour être caissière au Leclerc. Le Leclerc m'appelle pour un entretien. Ca se passe pas mal, mais il y a un bémol. Ils n'ont plus de place pour être caissière, mais il y a une place toute fraîche (et c'est le cas de le dire) à la poissonnerie. Mes yeux deviennent tout rond et je réponds que je veux bien vendre du poisson, mais que je n'y connais rien, que je n'ai jamais eu l'occasion de vider un poisson, de faire des filets... Bref... On me dit que ça n'est pas grave et qu'on m'apprendra. Le contrat est signé.
Mes débuts sont terribles ! Le tablier bleu n'est pas vraiment prévu pour une petite bonne femme comme moi. Il me tombe jusqu'aux chevilles. De même, les bottes doivent être de taille 40 ou 41... Je chausse du 37 ! Un désastre ! Bref... Le look n'est pas ma priorité. Même si on m'a déjà dit, alors que j'avais les mains dans le poisson, que j'étais charmante ! Y'en a qui ne sont pas difficiles.
Dans cette poissonnerie, nous étions derrière l'étalage de poissons... Je ne voyais donc pas les étiquettes. Or, je ne connaissais pas du tout le poisson. Et reconnaître des filets entre eux, c'est parfois très dur ! Mais les gens étaient compréhensifs et me montraient la position des filets voulus avec le doigt. Le temps a passé et très vite j'ai retenu les noms et les prix. De même, pour le poids des filets, ou quand on me demandait 4,5 kgs de moules. Très vite on prend le coup de main et on tombe sur la bonne quantité.
Ce petit boulot était une sinécure à côté du précédent (voir mon
article d'avant-hier et celui d'
hier). Mais il comportait de nombreux désagréments.
Lorsque je travaillais le matin, je devais préparer l'étalage. D'abord, on remet de la glace partout. Elle a presque entièrement fondu dans la nuit. On crée de jolies bordures de glace, en donnant une forme avec les mains. Avec ou sans gant, le froid brûle les mains et très vite on sent une chaleur intense et à la limite du supportable dans les doigts. Bref, on supporte et on continue. Ensuite, il faut placer le poisson. Quand il s'agit de maquereaux, on les plante plus ou moins dans la glace et ils ne tiennent pas si mal. Quand il s'agit de filets de saumon, c'est plus délicat. On commence par poser une feuille de plastique pour que le filet ne soit pas en contact direct avec la glace. Ensuite, il faut déposer le filet sur la feuille. Si on le dépose gentiment... le filet, bien poisseux (pour du poisson ça n'a rien d'anormal), glisse et se retrouve sur le rebord de glace. La présentation laisse à désirer. Alors j'ai trouvé une méthode, certes, peu délicate, mais infaillible : le lancer de filet. Le principe est simple et consiste à jeter le filet bien à plat sur la feuille, ça fait ventouse, et hop, le filet ne glisse plus : pas très chic, mais efficace !
Et ce n'est pas la seule petite anecdote que j'ai à vous raconter à propos de ce travail... Mais vous en saurez plus demain...